Alors que les voitures ne cessent de grandir, leurs moteurs rapetissent à vue d’œil. La Volvo V70 1.6D DRIVe, un cargo de luxe de plus de 4,80 mètres, établit un nouveau record dans cette évolution paradoxale. La spécialiste suédoise du transport devrait être particulièrement économique grâce à son diesel quatre cylindres de 109 CV seulement. Avant la commercialisation, prévue pour octobre 2009, nous avons d’ores et déjà cherché à déterminer les consommations minimales et maximales possibles en ville, à la campagne et sur autoroute.
D’apparence, la Volvo DRIVe ne se distingue que légèrement du modèle plus puissant. Notre exemplaire d’essai blanc proclamait au monde entier ses ambitions d’économie de carburant au moyen de gigantesques inscriptions DRIVe, mais les futurs breaks de série seront fournis aux clients sans cette publicité ostentatoire. Les traits caractéristiques du 1.6D DRIVe se limiteront alors à un châssis abaissé, des pneus de 16 pouces à faible résistance au roulement et un affinement aérodynamique discret. Une démultiplication plus longue des degrés trois, quatre et cinq de la transmission manuelle à cinq rapports aidera en outre le 1.6D bien connu à alléger sa consommation.
Les Suédois annoncent avec optimisme un chiffre de 4,9 litres, et dans la pratique, nous avons pu le respecter sans efforts particuliers. Nous avons effectué pour commencer un parcours d’essai d’une bonne heure à Magdebourg. L’itinéraire a contribué à une conduite économique grâce à un faible nombre de feux de circulation. Un système start/stop déjà disponible pour d’autres modèles économiques de Volvo ne pourra du reste être commandé qu’à partir de 2010 pour le 1.6D Drive, et moyennant un supplément. Sans cette mesure d’économie pendant les arrêts et avec la climatisation activée, nous sommes malgré tout parvenus, en maniant l’accélérateur avec précaution et en passant les rapports supérieurs à un stade précoce, à maintenir l’utilisation de carburant dans le trafic urbain au niveau de la consommation normalisée. Après un peu plus de 20 kilomètres, l’ordinateur de bord de l’engin de 1,6tonne affichait 4,9 litres. Respect.
Données techniques |
| Marque et modèle | Volvo V70 1.6D Drive | ||||
| Gamme d’équipement | |||||
| Dimensions et poids | |||||
| Longueur / Largeur / Hauteur (mm) | 4.823/ 1.861 / 1.547 | ||||
| Empattement (mm) | 2.816 | ||||
| Rayon de braquage (m) | 11,2 | ||||
| Poids à vide (kg) | 1.652 | ||||
| Capacité du coffre (litres) | 575 - 1.600 | ||||
| Pneus du modèle d’essai | 225/55R16W | ||||
| Moteur | |||||
| Cylindrée (cm³) / Cylindres (nombre et disposition) | 1.560 / 4 en ligne | ||||
| Puissance (CV) | 109 | ||||
| Couple (Nm) / tours/minute | 240 / 1.750 | ||||
| Entraînement | Traction avant | ||||
| Transmission | Boîte manuelle à 5 rapports | ||||
| Consommation | |||||
| Type de carburant | Diesel | ||||
| Mixte d’après le constructeur (l/100 km) | 4,9 | ||||
| Émissions de CO2 (g/km) | 129 | ||||
| Cycle de consommation d’après AS24 (l/100 km) | n.c. | ||||
| Performances | |||||
| 0 à 100 km/h d’après le constructeur (s) | 13,5 | ||||
| Sprint de 0 à 100 km/h d’après AS24 (s) | n.c. | ||||
| Arrêt de 100 à 0 km/h d’après AS24 (m) | n.c. | ||||
| Vitesse maximale (km/h) | 185 | ||||
| Prix | |||||
| à partir de (euros) | 33.600 | ||||
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Plus de données
Moins de données
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Pas une fusée
Ce chiffre modéré nous a réjouis mais nous ne pouvons pas en dire autant des performances routières du 1.6D. Le quatre cylindres en ligne n’est ni particulièrement discret, ni dynamique. En marge d’une présence acoustique permanente, nous regrettons principalement une mollesse prononcée au démarrage. Il faut attendre 1500 tours pour que le moteur surmonte le temps mort dans la réponse du turbo, puis pour que le couple maximal de 240 newtons-mètres soit exploitable. Le véhicule peut bien entendu rouler entre 1000 et 1500 tours, en restant qui plus est particulièrement sobre, mais dans cette plage de régimes, l’augmentation de la vitesse est extrêmement pénible. Le sprint jusqu’aux 100 km/h requiert 13,5 secondes en maniant lestement la transmission. En conséquence, si l’on souhaite réaliser une intégration relativement homogène dans la circulation, il est préférable de passer les rapports supérieurs à un stade plus tardif, en exploitant plus longtemps chaque degré de démultiplication. La mécanique malgré tout pleine d’entrain se laisse emmener jusqu’à 5000 tours, mais ne donne à aucun moment à ressentir une fulgurante énergie de diesel.
À l’origine, notre mission se limitait toutefois à attester des records d’économie, et non de plaisir, et nous nous sommes donc concentrés sur une conduite préventive efficace. Dans une balade champêtre de quelque 50 kilomètres à plat à travers l’arrière-pays de Magdebourg, nous avons même réussi à diminuer davantage encore la consommation. Comme pour notre parcours urbain, la climatisation était également restée activée, mais cette fois, nous avons effleuré l’accélérateur encore plus délicatement et nous avons passé les rapports supérieurs encore plus tôt. Après un peu plus d’une heure de route, l’ordinateur de bord - préalablement réinitialisé - affichait 4,5 litres. Nous n’avons pas pu diminuer davantage l’appétit de la V70 au cours de la journée, mais notre style de pilotage était encore perfectible et le résultat pourrait osciller autour de 4litres.
Concurrence aiguë
Nous avons effectué notre troisième et dernier parcours sur autoroute afin d’observer comment notre modèle d’économie s’acquittait d’une sollicitation pied au plancher. Direction donc la A14, où nous avons élu domicile sur la file de gauche en appuyant au maximum sur le champignon. Malgré la poussée modeste, l’aiguille du compteur a frôlé les 190 km/h après un certain élan et en descente. Même dans ces conditions, la tenue de route se révèle stable et assurée, témoignant en réalité de l’adéquation du break pour les étapes à un rythme soutenu. Mais le 1.6D est supposé briller par son économie, et de fait, il le fait même à pleine charge: malgré une distance relativement longue sous une accélération maximale, l’indicateur de consommation n’a jamais trahi plus de 7,5 litres. Une nouvelle fois, le chiffre est modéré, nonobstant l’absence de sensations.
En bref
Un break spacieux, robuste et élégant équipé d’un moteur particulièrement économique- le résumé s’inscrit parfaitement dans l’air du temps. En théorie, le grand Volvo V70 1.6D consomme 4,9 litres, et lors d’un essai concret, l’ordinateur de bord a même calculé un résultat encore plus avantageux. Bravo. L’entraînement ne suscite pas un plaisir de conduite particulier, mais les 109 CV suffisent à un usage quotidien. Le break n’arrachera pas un sourire au conducteur à l’accélération, mais eu égard à la rareté des ravitaillements nécessaires, il pourrait tout de même contribuer à sa bonne humeur.

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